9 juillet 2009
Grüss Gott!!
On ne badine pas avec Dieu en Autriche, chaque fois que l'on dit bonjour (Grüss Gott) c'est un salut à Dieu.
Pas très frais, les yeux et les lentilles embués, on atterit dans un pseudo "café viennois" devant un petit dèj des plus douteux (muesli aux fruits = choco pops aux fruits en conserve) avant de nous attaquer à la ville, qui n'est pas moins celle du touriste: vitrines à foison où Mozart se décline en une infinité d'objets (de la poupée désarticulée et décoiffée au tablier en passant par le coupe-cigare). On évite soigneusement les personnages d'époque qui arpentent les coins de rue en répétant "concert tonight?" à tout va, et on découvre les monuments nobles et clinquants de la Vienne de Sissi qui nous rappellent (pas si étrangement) leurs homologues parisiens.
On est davantage séduits par les courbes des immeubles aux mille couleurs de Hundertwasser sur les toits et les façades desquels poussent arbres, végétation et objets incongrus. L'artiste ayant déploré le style "sans âme" de l'architecture du XXe siècle, on se prend à rêver à une ville entière construite sur ce modèle. On trouve quelque peu notre compte en découvrant le "Museum Quartier", une sorte d'Artamis non alternatif (pour les Genevois) qui marie l'architecture classique et moderne et abrite nombre de musées et autres salles d'exposition d'art contemporain ainsi que des ateliers et des appartements à l'intention des artistes en herbe ou confirmés.
Non loin de l'excentrique architecture du Hunderwasserhaus, nous profitons du Strandbar (bar les pieds dans le sable) pour siroter un verre, bien installés dans nos transats. Quelques pêcheurs rivalisent de techniques pour nous laisser penser qu'ils pêchent vraiment et non qu'ils sont là pour se dorer la pilulle au soleil.
La question de la langue - qu'on n'attendait pas si tôt - semble d'ores et déjà se poser: la boulangère, qui nous entend nous consulter en français, refuse dès lors et de pied ferme de nous parler en allemand (Vanessa lui parle en allemand, elle répond en français). On espère en rencontrer d'autres dans le style, mais plutôt en Russie ou en Chine... Plus génant: on demande à un glacier s'il connaît un endroit où jouer au billard et il nous envoie à l'épicerie de la gare où on peut acheter de la bière jusqu'à tard. Pourtant, si "billard" et "bière" sont presque homonymes en français, il est plus difficile de les confondre en allemand... Pas grave, on fera mieux la prochaine fois.
Vienne est aussi réputée pour son Ecole de Cavalerie, du coup on croise bon nombre de calèches transportant leur lot de touristes. Et si, par chance, comme nous, vous trouvez un des excellents glaciers Zanoni, n'hésitez pas!! Mais attention, le mélange glace italienne et odeur de crottin de cheval reste en travers de la gorge.
Le Naschmarkt est un endroit bien différent de la Vienne Impériale. Des cabanons offrent toutes sortes de fruits & légumes frais, pâtes fraîches, produits bio... D'autres baraquements servent de bars et restaurants. Nous optons pour un Japonais, où l'intégrale de Michael Jackson ne laisse pas de marbre une greluche blonde qui nous honore de quelques "Whou whouzbad" à la façon Michael et autres gestes typiques du King of Pop.
En fin d'après midi, nous quittons Vienne à bord du Twin City Liner, un catamaran ultra rapide (60-65km/h). Pendant une heure, nous navigons sur le Danube où le paysage mèle cabanes de pêcheurs, zone industrielle, villages de charme pour arriver à Bratislava en Slovaquie.